Selon toute vraisemblance, elles remontent au Xème siècle. Cette agglomération, située actuellement sur les deux rives du Cérou, à 16 kilomètres d'Albi et 235 mètres d'altitude, devrait son nom au personnage romain Caramantius.

Origines de la ville Carmaux

Le noyau de la population s'est formé probablement sur la rive gauche, avec trois quartiers principaux : le pont vieux et l’ancienne mairie, le Rajol et le faubourg de la Tour avec le moulin du Cérou.

Dès 1229, la forteresse de Carmaux est un fief militaire de la baronnie de Monestiès. Il relève des évêques d'Albi. A cette époque, le charbon n'est pas encore la principale ressource du lieu : on y tisse surtout le chanvre, récolté sur les rives du Cérou dans ce qu'on appelle "lous cambous". Dans les dénombrements du XVIème siècle, on relève notamment les Hebrard, avec le titre de seigneur de Carmoulx.

Sous le Premier Empire, Carmaux n'est encore qu'un village, les seuls travaux importants étant financés par l'Etat. Le plan cadastral est terminé le 15 novembre 1811, sous l'administration de Baude. La commune comprend alors dix hameaux, sept domaines et dix métairies

L’entre-deux-guerres

La ville s'agrandit peu, mais elle s'embellit. Deux parcs d'agrément, celui du Pré-Grand et celui de la Sérinié, sont réalisés respectivement par la Société des Mines et par la municipalité. De nouveaux boulevards sont tracés et la fée électricité arrive en ville.

En 1923, puis en 1937, Carmaux rend hommage à son député Jean Jaurès, assassiné en 1914. Un ensemble statutaire de G. Pech est érigé sur sa place centrale, puis un buste du grand tribun, réalisé par Ducuing, est inauguré dans le parc de la Sérinié.

En 1932, les Carmausins peuvent admirer la fontaine du Coin Dulac et sa surface murale de 200 m². Elle porte la devise de "miscuit utile dulci", c'est-à-dire : "elle joint l'utile à l'agréable". Aujourd’hui encore l’eau y est potable.

En 1933, le peintre de la réalité poétique Jules Pendariès expose au Salon des Beaux-Arts "Le Repos du Mineur", dont le modelage est exposé à la salle Pendariès du centre culturel Jean-Baptiste Calvignac. Le monument aux morts de la Grande Guerre est

inauguré en 1935 ; l'ouvrage, d'une hauteur de 25 mètres, domine le parc Jean-Jaurès.

Après-guerre

Le 18 mai 1944, Louis Torcatis, dit "Bouloc", un dirigeant régional de la Résistance, est assassiné à Carmaux par des miliciens, mais quelques trois mois plus tard, le 16 août, la ville se délivre seule de l'occupant (fait inédit dans le Sud-Ouest).

L'après-guerre est marqué par l'essor des communes environnantes, qui voient leurs quartiers et leur population s'accroître. Carmaux, quant à elle, se reconstitue un centre administratif et commercial autour de la mairie. Un groupe scolaire, un ensemble d'habitations collectives et un stade viennent compléter l'ensemble.

La décennie est aussi marquée par des visites présidentielles. Le 8 juin 1952, le président de la République, Vincent Auriol, dont l'épouse est née à Carmaux, honore de sa présence la foire-exposition de Carmaux. Le 25 février 1960, c'est le président Charles de Gaulle qui vient prononcer un discours sur le sol carmausin.

L'union fait la force ! C'est dans cet esprit qu'est signé l'arrêté préfectoral du 3 novembre 1964 créant le district urbain de Carmaux : il associe les communes de Blaye-les-Mines, Carmaux et Saint-Benoît-de-Carmaux.

Depuis les années 1960

Vers 1960, l'industrie charbonnière entre en France dans une lente mais irrésistible récession. A Carmaux, tous les puits d'extraction ferment successivement : Grillatié, Sainte-Marie puis Cagnac et enfin Tronquié. En 1983, les Carmausins se voient contraints d'utiliser, pour leur chauffage, non plus du gaz de houille mais du gaz naturel importé de Lacq.

Ces "années noires" sont également marquées par le plastiquage de la statue de Jaurès en 1981. La statue de Jaurès érigée en 1923, et sa destruction en 1981.

En projet d'extraction du charbon à ciel ouvert est lancé en 1975 : ce sera "la grande découverte" opérationnelle en 1984, qui va redonner un regain d'espoir au bassin minier. Cependant, la cité est consciente que son avenir réside désormais dans la diversification de ses activités, et non plus dans la mono industrie du charbon.

En 1992, lors de l'inauguration du centre culturel Jean-Baptiste Calvignac, l'allocution du président de la République, François Mitterrand, dépeint ainsi ces femmes et ces hommes de Carmaux : « Vous êtes un symbole, j'aime la continuité, vous êtes la continuité, j'aime l'idéal concret, vous êtes incarnation d'un idéal, fidélité à cette terre, à ce qu'elle produit, fidélité aussi au changement nécessaire... »

Quelques dates

25 mai 1845 Construction d'un pont sur le Cérou.

1847 Création du premier commissariat de police.

4 mars 1857 Le premier wagon emprunte la ligne de chemin de fer Carmaux - Albi.

1857-1865 Construction de la nouvelle église Saint-Privat, située sur l'actuelle place de la Libération.

1860 Constitution du corps de sapeurs-pompiers.

1862 Construction de la nouvelle Verrerie.

1883 Début de la construction de l'hôpital des mines, aujourd'hui transformé en Centre culturel Jean-Baptiste Calvignac (lien vers la page centre culturel J-B Calvignac).

1890 Construction de l'église Ste Cécile, consacrée en 1898.

1892 Election pour la première fois d’un conseil municipal socialiste, avec à sa tête J.-B. Calvignac.

1893 Jean Jaurès est élu député de Carmaux

1900 Carmaux compte 5 écoles privées, aidées par la Société des Mines, et trois écoles publiques.

1901-1902 Construction de l'hôtel des postes par Gabriel Camboulives.

1904 Début de la construction d'un vélodrome.

1908 Achèvement des fontaines publiques.

1906 L’hôtel de ville est terminé

1913 La ville est dotée d'une salle de théâtre et de cinéma.